Entretien

Simon Biyong : Une vie d’octogone

La Mixed Martial Art (MMA) à un autre représentant camerounais. Simon Biyong est en train d’écrire son nom en lettre d’or dans la prestigieuse compétition en Afrique. Champion de la catégorie des mi-lourd de la Extrem Fighting Championship (EFC), la seule ligue professionnelle d’Afrique de MMA, le nouveau champion revient sur son parcours.

Parlez-nous de vos débuts dans l’aventure MMA
Mes débuts en MMA ont été conditionnés par le fait que je vivais ici en Europe et que j’avais besoin d’une activité pour m’occuper après mes études. Étant étudiant en art plastique, je passais beaucoup de temps à dessiner et à travailler devant un ordinateur. J’avais besoin d’une passion en dehors du basket parce que c’était mon activité sportive. J’ai donc commencé le MMA dans l’optique de me divertir et d’apprendre un nouveau sport, d’entrer en contact avec d’autres personnes, de me faire d’autres amis. Ensuite je me suis passionné et la discipline à commencée à prendre un peu plus de temps dans ma vie. J’ai commencé le sport de combat sans aucune base. Pour le basket, j’ai intégré un club à Gênes la ville dans laquelle je réside, nous avons fait des championnats mais nous n’avons pas gagné des titres, moi en tant que compétiteur né j’avais besoin d’un sport individuel, un sport qui ne me demande pas de faire partir d’équipe en tant que tel, de remettre tout sur moi de tel sorte que si il y a un échec je peux m’en prendre à moi-même.

Vous êtes champion des poids mi-lourds depuis septembre dernier comment s’est passé ce combat ?
Je suis devenu champion du monde de l’organisation Extrem Figthing Championship qui est basée en Afrique du Sud en septembre 2019. Pour ce combat, l’organisation avait fait savoir à mon équipe qu’ils étaient intéressé par moi et voulaient me faire combattre dans leur promotion. Ils voulaient me faire combattre dans deux fights avant le titre donc j’avais d’abord à faire mes preuves avant d’avoir accès au titre. Mais avec la blessure de Drugsky avant la compétition, j’ai pu bénéficier d’un reclassement et j’ai eu accès au combat pour le titre. J’étais très content et j’ai apprécié le travail de mon équipe. La préparation s’est bien passé, je savais que ça allait être un combat difficile il fallait préparer tous les aspects du combat, psychologie, cardio, physiquement mais également bien étudier mon adversaire. Au final la préparation a été bénéfique pour moi puisque j’ai gagné.

C’est quoi le plus difficile dans ce sport ?
Quand j’ai commencé ce sport je pensais que le plus difficile c’était d’entrer dans une cage et de combattre, mais avec le temps je me rend compte que la première difficulté c’est la préparation physique. La partie physique est à 85% fondamentale pour un combat. Elle permet à l’athlète de se mettre en forme, de gagner une confiance mentale, plus tu t’entraînes plus tu te sens prêt pour le J-J. En deuxième partie il y a l’alimentation. Quand je n’étais pas encore pro, je pouvais manger ce que je voulais et je réussissais à faire le poids. Je réussissais à monter sur la balance et à peser 93kg, maintenant que je combat à l’international il y a des règles beaucoup plus stricts pour la pesé. Avec le temps mon corps a changé j’ai pris beaucoup plus de muscles donc actuellement la partie la plus difficile pour moi c’est la préparation physique, l’alimentation et la pesé. Il faut une diet qui te permet de manger équilibré mais aussi de rester fort.

Comment se passe votre récupération après un combat ?
Pour ma récupération mentale, je mange toujours un bon plat de mbongo. Après un combat, je ne suis plus sous régime donc je peux manger ce que je veux et profiter aussi de ma famille. Pour la récupération physique, je fais beaucoup de massages pour relaxer mes muscles. Je dors beaucoup afin de faire passer le stress que j’ai accumulé pendant les combats. Je récupère pendant au moins deux semaines. Je fais minimum quatre combats par an, j’essaye de laisser mon corps au repos pour repartir avec une nouvelle énergie.

Pensez-vous que ce sport à de l’avenir en Afrique ?
Oui absolument ce sport à un énorme avenir en Afrique et au Cameroun. Le combat est ancré en nous les africains donc entrer dans la cage c’est quelque chose d’innée. En Afrique les gens se battent au quotidien pour leur vie, pour affronter les difficultés. C’est cette force là que moi aussi j’ai à chacun de mes combats. Maintenant il faut mettre des structures en place pour que les talents soient détectés.

Francis Nganou ou encore Dalcha Lungiancha sont de grands noms africains dans le milieu du MMA aux États Unis l’UFC c’est également votre rêve ?
Ce sont de grands noms dans le domaine. Ils ont ouvert les portes pour combattre avec les meilleurs. Moi aussi je suis en train de travailler pour être parmi les meilleurs peut importe l’organisation. Actuellement c’est l’UFC qui regroupe les meilleurs combattants donc c’est aussi un de mes objectifs. Le but ultime de tout combattant c’est d’affronter les meilleurs pour devenir le meilleur. Et si c’est aux États Unis que se trouve les meilleurs mon but est donc de combattre là-bas.

Quel est votre programme en 2020 ?
Je prépare mon raising depuis le 31 décembre 2019. Ensuite je vais en Afrique du Sud en Avril 2020 pour défendre mon titre de champion du monde. En juin ou juillet, je ferai mon deuxième match au Japon. Donc pour l’année 2020 j’ai des combats déjà enregistrés et nous espérons augmenter les records si tout se passe bien obtenir la signature de la grande organisation.

Par Armelle Germaine ABOMO

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